C'est pas vraiment un débat, ça pourrait être reclassé mais je savais pas où le mettre
merci, c'est mieux ^^Bon voilà,
Je me suis posé dernièrement des questions sur la construction et le rôle des scénarios.
Souvent un scénario sert de prétexte à une dénonciation morale ou politique, à un genre, un concept, une esthétique, aux sentiments, ...
Et souvent il s'agit d'une association de plusieurs de ces éléments.
Oublions les films "d'après des faits réels" car comme cela l'indique, ce ne sont plus des faits réels et ils sont ensuite ré-écris à des fins morales ou sentimentales.
Puis y'a les films "scénaristiques" qui valent pour leurs twist final à la Night Shyamalan, mais c'est aussi intéressant qu'un Julie Lescaut , en plus long ...

Si on prend un film comme Usual Suspect où on trouve un twist final (mais qui était amené par des indices pour donner l'impression de piéger le spectateur), le film est aussi soutenu par une esthétique sombre et mystérieuse (qui fait penser à Alice aux pays des Merveilles selon Bryan Singer)
Moi qui ne suit pas spécialement un défenseur de "la politique dans l'art", j'aime pas trop les films moralisateurs, mais si je prend deux films avec un même thématique écolo par exemple, et tout deux de Ghibli.

Si l'un est particulièrement esthétique (mononoké), je trouve que l'autre défend beaucoup mieux son sujet et j'aurai tendance à lui donner ma préference. Alors que je pensais vraiment être plus intéressé par les esthétiques en général.
Je pourrais en déduire que j'apprécie un film en fonction de la façon dont il va défendre les "valeurs" qu'il transmet
et que je m'attend à trouver dans le film. C'est à dire l'esthétisme d'un film esthétique, le bien fondé moral d'un film moral, le genre respecté d'un film de genre, ...
Mais là où ça pose problème, c'est que Princesse Mononoké n'est pas vraiment un film moral, pourquoi n'ai-je pas été tenté de le juger sur son côté esthétique. Peut-être parce que je n'ai pas été touché par ça ou encore que le côté moral bouffait le côté esthétique, je sais pas vraiment, ...

Voici encore deux films que je n'ai pas aimés, et pour des raisons que j'ai l'impression de connaître. Les réalisateurs ont esthétisés le rapport à la drogue, et me voilà encore gêné par une question morale.
Autre exemple de films, d'un même réalisateur cette fois

J'ai trouvé l'esthétique de Pickpocket très réussie, en fait je me foutais de ce qu'il se passait dans l'histoire, j'ai juste été hypnotisé par le truc, c'ets un de mes films préféré et je pourrai même rien dire sur le scénar

. Par contre Au Hasard Balthazar est un film beaucoup plus sentimental, avec un vrai fond très présent, ce qui encore une fois bouffe un peu le côté esthétique.
Une petite note sur Robert Bresson (je ferai peut-être un sujet sur lui un jour), l'esthétisme dans Pickpocket vient surtout de sa façon de diriger les acteurs et sa façon de filmer (il utilise les même méthodes dans ces deux films)
Déçu dans ses deux premiers longs-métrages par le jeu des actrices comme Maria Casarès, il décidera de ne plus faire appel qu'à des acteurs non-professionnels qu'il nommera ses modèles. Le modèle ne doit jamais avoir fait ni théâtre ni cinéma afin de ne pouvoir corriger son interprétation. Les (très) nombreuses prises épuisantes permettent à Bresson d'en obtenir l'absolu
la diction des acteurs est presque atonale, c'est très particulier
Enfin, tout ça pour dire, que les deux films sont assez proches esthétiquement, mais dans l'un j'ai réussi à faire abstraction du scénario et de la morale (si il y'en a une) et j'ai pu purement apprécier l'esthétique et dans l'autre cela m'a été impossible.
Bon là j'ai beaucoup écrit (enfin , pour moi c'est beaucoup) et je voudrais savoir si vous vouliez partagez cette réflexion et partager peut-être un peu vos expériences à ce sujet.
Est-ce qu'il y'a des "types de scénarios" qui vous plaisent plus ? Est-ce qu'il y'a vraiment des "types de scénarios" ? Est-ce que la morale pollue les films ? Est-ce qu'un film ne devrait pas avant tout être esthétique ? Est-ce que les films devrait perdre leur rôle de "porteur de sens" pour regagner leur rôle d'histoire ou au contraire assumer mieux le rôle de prétexte ?