Saikano
“The Last Love Song on this Little Planet”
Saikano est un anime de 13 épisodes des studios Gonzo Digimation tiré du manga de Shin Takahashi du même nom. De ce que j’ai pu en voir il est adapté quasiment case par case de ce manga, ce qui est fréquent pour les animes. Son titre japonais complet est
Saishū heiki kanojo et son titre anglais (qui n’est pas la traduction japonaise, dont j’ai oublié le sens) est
She, The Ultimate Weapon.
On commence à entrer dans le vif du sujet avec ce titre anglais. Mais le titre français est encore plus affreux, et d’ailleurs est double puisque les éditions, traducteurs et fans hésitent entre
L’Arme Ultime et
Larme Ultime. Je ne sais lequel des deux est le pire, mais les deux correspondent très bien à la série. De fait, le personnage féminin principal est effectivement une Arme Ultime (holy shit), et par ailleurs, les moments où les personnages pleurent constituent facilement la moitié du temps de l’anime.
L’essentiel de l’intrigue résumé en un screenshotVoilà, je pense que vous êtes prévenus. Saikano est un anime larmoyant, émo, naïf, adolescent, mielleux, et fleur bleue. C’est officiellement un seinen, mais c’est techniquement un shojo, à cela près que l’anime correspond à des attentes japonaises plutôt masculines en terme de héroïne torturée, fragile, et d’apparence 10 ans alors qu’elle est censée en avoir 17 (ce qui était déjà jeune à la base on est d’accord).
Ce cosplay correspond parfaitement à la descriptionA présent il est temps pour moi de faire mon coming-out :
Je suis un fan incontesté de Saikano. Je l’ai vu 6 fois, j’ai chialé comme une madeleine à chacune des fois, j’écoute régulièrement les musiques, j’ai même composé un collage-hommage à partir de samples de l’anime et de l’OST, je vais bientôt m’acheter le coffret collector édition intégrale, je compte lire le manga, enfin bref j’adore. Je n’ai même pas l’excuse de la nostalgie de jeunesse : je l’ai découvert par le biais de Valcorm (désolé mec je fais ton propre coming out) en 2009. Au début j’en avais honte, j’en parlais timidement, mais à présent j’assume pleinement cette perversion et je l’affiche au grand jour. Quel courage.
VisuelJe commence par là car je n’ai pas grand-chose à en dire. Les dessins de Saikano provoquent des réactions assez mitigées. Personnellement je les apprécie, ils ont un aspect crayonné qui est en fait surtout dû à l’animation. On voit très précisément des traits se mouvoir, tandis que souvent les mangas ont un rendu final très aseptisé (encore qu’ici ils n’ont pas non plus lésiné avec les filtres, mais bon).
L’animation quant à elle me plait vraiment, cette fois-ci. Elle est très sommaire, on pourrait quasiment percevoir la succession des images tant leur nombre par secondes est faible. De même les mouvements sont rares et précis : chaque élément qui bouge à l’écran semble essentiel, et s’intègre à la mise en scène du fait qu’aucun élément « inutile » ne détourne l’attention. C’est une économie de moyens sans doute motivée par une économie d’argent, mais j’apprécie le résultat. On a une sorte de réduction du mouvement au strict essentiel, et ça permet donc de se concentrer sur cet essentiel.
« Un scénario apocalyptique avec une histoire d’amour et des persos qui souffrent »C’était, à la fois sérieusement et pour se moquer de nous, ce qu’on élevait comme recette scénaristique miracle avec El Diablo à l’époque où on parlait régulièrement de nos créations en cours ou futures. C’est autant la recette de Dark Soul que de Noir et Blanc (mon roman de jeunesse – 14 ans - ne le lisez pas), et c’est encore aujourd’hui une sorte de fétichisme scénaristique qui ne me quitte pas. C’est simple : il faut que tout pète, que ça meure dans tous les sens, que ça chiale et que ça souffre à tout va, et que le scénario soit dirigé vers le drame de la même manière qu’un roman policier serait dirigé vers l’intrigue. Tous les choix de scénario sont décidés dans le but de rendre l’histoire triste, et de préférence tous les fils de l’histoire se nouent à la toute fin pour une apothéose dramatique. Il en résulte en général quelque chose de tout à fait inintéressant intellectuellement, d’overdosé en émotions fortes, qui ne plait qu’aux personnes ayant cette même perversion et ce même goût pour la tristesse poussée à l’extrême. Et qui arrivent à s’avilir à cet état de sensiblerie totale assez ridicule.
Saikano correspond parfaitement à cet idéal scénaristique. C’est un scénario apocalyptique, où tout le monde pleure, tout le monde meurt de partout de manière parfois soudaine et cruelle. Une histoire d’amour toute mignonne accompagne le tout pour assombrir une situation déjà noire, qui le devient encore plus en contraste avec la naïveté (procédé grossier, convenu, et si efficace). Dégradé progressif de la naïveté vers la noirceur au fil de l’anime, structure classique.
Le synopsis : Chisé et Shû sont deux lycéens récemment en couple, mais ce couple est tout à fait superficiel et ne marche pas. Une amourette d’adolescents. A la fin du premier épisode leur ville se fait attaquer par des bombardements d’avion, alors que visiblement personne ne sait qu’une guerre a éclaté – le flou restera sur la nature de cette guerre. Chisé est une Arme Ultime (haha ; on ne sait pas non plus ce que c’est mais c’est en tout cas un genre de robot surpuissant) et est apparemment employée par l’armée à des missions dont Shû ne sait quasiment rien (tout comme nous). Petit à petit la situation mondiale s’aggrave, sans pour autant qu’on sache vraiment ce qu’il se passe, et la relation entre Shû et Chisé se complexifie, s’approfondis, etc.
Ce qui sauve ce scénario insipide, c’est justement que son vide est utilisé intelligemment : l’absence de détails et d’explications rend le tout d’un surréalisme agréable, souvent sujet à des mises et en scène et dialogues qui gagnent en poésie par ce biais, et on peut se focaliser sur ce qui est le plus important dans l’anime : les relations entre personnages, et l’ambiance apocalyptique qui s’affirme au fur et à mesure. Et pour ça, le spectateur avisé en a pour son argent :
Haha, on n’est pourtant qu’à l’épisode 5
Ca pleure, ça souffre.
Ce perso n’a rien compris à l’intérêt de l’anime.
Même les coplays de Chisé sont définitivement tristes. JaponaméricainD’un point de vue externe à l’anime lui-même, un de ses intérêts est à mon avis complètement hasardeux et indépendant de la volonté de ses créateurs : la dialectique constante entre cultures américaine et japonaise, qui est présente à mes yeux dans tout manga, mais qui est ici vraiment éloquente.
A première vue, il n’y a rien de plus japonais que cet anime, qui réunit à peu près tous les clichés manga possibles et imaginables (quoiqu’à ce niveau il y a pire). La thématique de la jeune fille innocente qui est à la fois un putain de gros monstre/robot imbattable est aussi ridicule que récurrente : on la retrouve dans Elfen Lied, dans Gunslinger Girl, mais aussi de manière plus subtile dans Serial Experiments : Lain. Il semblerait que ce soit l’ingrédient inévitable de l’anime qui se veut sérieux, triste, et violent. Il est difficilement détachable du rapport particulier du Japon avec l’enfance, qui élève comme idéal féminin une association entre sensualité et innocence/comportement enfantin (qui fait aussi que jusqu’en 1997 coucher avec des mineur(e)s quel que soit l’âge était autorisé à Tokyo, et qu’en 2008 aucune mesure n'est encore prise contre la pornographie enfantine japonaise pour des raisons... commerciales).
Un père et sa fi… Ah non, un couple de jeunes de 17 ans.Le contraste entre la féminité idéale japonaise (enfantine) et le rôle donné aux héroïnes de ce type (violence et puissance) a l’air de bien les perturber, comme ingrédient de scénario dramatique mais aussi comme érotisme. C’est un modèle qui fonctionne bien pour nous aussi, car outre l’aspect enfantin qui peut gêner, l’idéal féminin de la douceur ou de l’innocence est toujours d’actualité dans nos contrées, certes un peu vieillot mais toujours compréhensible. Et par ailleurs, il présente aussi le contraste humain/robot (ou humain/mutant, ou naturel/artificiel), qui fascine les japonais mais ne nous laisse pas indifférents non plus (la différence étant que chez nous on n’y met pas d’érotisme, sauf exception comme euh… euh… Leeloo du Cinquième Elément, tiens.)
Là où l’animé vire vers l’américain, c’est dans l’influence omniprésente de ce que les japonais appellent la « romance », qui est tout simplement la vision de l’amour véhiculée par les films et séries hollywoodiens, vision qui se répand de plus en plus chez eux depuis 1945. En fait, Saikano est même de ce point de vue bien plus mielleux et cul-cul que ne le serait un film américain (c’est vrai de beaucoup de mangas qui tapent dans le sentimental). Ce qui est intéressant est justement de voir à quel point le modèle de la romance américaine fait buguer les conventions japonaises, et à quel point il est incompatible avec les relations traditionnelles entre hommes et femmes – celles-ci changent, actuellement. On aboutit à des éléments scénaristiques complètement incompréhensibles pour des occidentaux, comme la quasi-interdiction pour une fille d’évoquer ne serait-ce que la possibilité d’éprouver du désir sexuel (Chisé, au bout d’une dizaine d’épisodes il me semble : « Bien sûr qu’une fille a envie de l’homme qu’elle aime ! » suivi de « Mon dieu, qu’est-ce que tu fais dire à une fille ! ») alors que celui-ci est au cœur de la romance hollywoodienne. Les personnages, en fait, souffrent de conventions scénaristiques américaines en histoire d’amour. Cela donne des conventions hyper procédurières qui ont de quoi nous laisser perplexe.
Euh… Wat ?Au niveau de l’écriture des scènes, il y a aussi un contraste. D’un côté il y a des scènes d’amour à la limite du supportable tant elles sont dégoulinantes dans les paroles et dans la musique, et de l’autre certaines scènes d’une sobriété qui pourrait faire froid dans le dos, mais qui me rappellent une sorte de réalisme contemplatif que j’apprécie chez Gus Van Sant, Tarkovski ou en moins extrême les films français de Buñuel – dans la sensation uniquement : un calme et une neutralité accompagnée d’un sentiment de beauté (ne voyez pas un vrai rapprochement entre ces réalisateurs et… urf). Pour rester au Japon, je pense aussi à certains films de Kitano (A Scene at the Sea, Dolls), et surtout à Ozu, qui ont aussi cette tranquillité réaliste poétique, cette belle neutralité. Et sinon, la musique de John Cage, mais j’arrête ici – en fait un jour je pourrai m’amuser à blablater sur cette beauté neutre car elle me plait et que comme vous le voyez j’aime dire de la merde sur ce que j’aime.
Techniquement ces scènes silencieuses et sobres sont très sommaires, rares et souvent courtes, mais c’est justement leur contraste (totalement inexistant chez les américains, ce qui me frustre) avec les scènes purement hollywoodiennes à l’eau de rose qui les met en valeur et leur donne une puissance qu’elles n’auraient pas eu sinon. Je n’ai jamais été difficile en terme de cinéma grand spectacle ou de sensiblerie américaine, mais j’ai toujours besoin de quelques scènes ponctuelles de sobriété pour accepter et apprécier tout le reste. Le strict minimum suffit : Saikano le fournit.

Bon ok, il y a quand même une très large majorité d’émo dégoulinant. OpéraSaikano regroupe énormément de caractéristiques qui habituellement sont inacceptables par un idéal esthétique que, comme tout être humain normalement constitué, je construis petit à petit. Il n’y a pas d’autre rapport à faire avec l’opéra que celui-ci, mais je trouvais ça intriguant de mettre ça comme titre de partie, ce qui est trop génial avouez-le.
Il y a quelques années j’ai lu
Esthétique, psychologie et musique : L'esthétique expérimentale et son origine philosophique chez David Hume de Renée Bouveresse, un gros pavé assez indigeste dont je n’ai tout à fait honnêtement rien retenu, si ce n’est la classification qu’a fait Fechner, le fondateur de l’esthétique expérimentale, de différents niveaux d’esthétique. J’avais trouvé ça intéressant du point de vue théorique mais n’avais pas trouvé d’exemple correspondant dans mon propre ressenti. Saikano m’a perturbé à ce niveau, m’ayant considérablement plu alors qu’en simultané je le trouvais médiocre. J’ai alors mieux compris je crois ces différents niveaux esthétiques de Fechner.
Le premier niveau dont il parle correspond, si je ne m’abuse, à ce que Kant appelle l’agréable, le sensoriel avant tout. Soit, bon. Le quatrième niveau est celui de ce que Fechner appelle l’idéal esthétique philosophique : je n’avais sans doute pas les moyens de le comprendre, ou bien sa visée apparemment universalisante ne m’avait pas attiré (Fechner ça date un peu, y’a un côté positiviste emmerdant) ; en tout cas je ne sais plus à quoi elle correspond. Ceux qui m’ont intéressé sont les deux niveaux intermédiaires : le deuxième est celui du sentiment brut (en quelque sorte l’équivalent sentimental du premier niveau sensoriel) et le troisième est celui qui correspond à l’idéal esthétique de la personne. Cette dissociation est intéressante car elle explique la possibilité d’une dualité de ressenti du beau. J’ai, avec Saikano, clairement eu deux impressions esthétiques superposées : la première est un dégoût vis-à-vis d’un idéal esthétique qui m’est cher, et la seconde est un émerveillement devant une grande beauté, opposée à l’idéal premier, mais qui n’a pas pour autant démantelé cet idéal. J’ai autant envie de dire que Saikano est une merde insupportable que de dire que c’est une des plus belles choses que j’ai vues. Il transcende mon niveau 2 et a dégoûte mon niveau 3. Awesome.
Il en va de même pour l’opéra. Et l’exemple de l’opéra est intéressant car je pense qu’il concerne plus de personnes que ma simple tronche. A part quelques exceptions (les opéras majeurs des XVIIIe et XIXè siècle, dont les livrets ont été particulièrement travaillés), je pense qu’à peu près tout le monde sera d’accord pour dire que les scénarios et personnages des opéras baroques ou des opérettes sont d’une niaiserie à toute épreuve. Pourtant toute personne sensible à cet art se verra touchée par les histoires d’amour grandiloquentes qu’il propose, les scénarios de trahison prévisibles depuis le départ, ou les morts télescopées de personnages attachants mais clichés. Il y a bien sûr la musique : c’est elle qui véhicule le principal de ce que le texte ne fait que décrire (toujours sauf exceptions comme par exemple la tétralogie de Wagner où l’on analyse le texte autant que la musique). Mais je crois que ce n’est pas tout.
On pourrait être tenté, dans la dichotomie entre une première perception du beau qui est indépendante du jugement, et une seconde qui est soumise à un idéal, de voir une hiérarchie : la seconde supplanterait forcément la première, puisque pour que la première existe il faudrait forcément faire taire la seconde. Mais ce serait alors revenir à un seul niveau esthétique, et donc il serait impossible d’expliquer comment j’ai pu apprécier l’Arme Ultime alors que je le considère comme médiocre. Le système de Fechner permet, lui, d’accepter que les deux sont tout à fait superposables : ce sont deux niveaux qui n’interagissent absolument pas l’un avec l’autre. Ainsi il est possible de juger le médiocre tout en l’appréciant sans jugement.
Akémi est d’accord avec moiBref, tout ça pour dire qu’il nait un sentiment particulier de se focaliser sur le Level 2 quand comme moi, et je pense une bonne majorité, on a toujours privilégié le Level 3. Il y a quelque chose d’un renoncement à ce que l’on a établit, d’une évasion de soi-même. Et je crois que c’est ce qui rend ce type de beauté si puissante : le ressenti du beau est accompagné d’une sensation de libération par rapport à un idéal de beauté jusqu’ici autoritaire. Cela me semble assez bien définir ce qui a pu me faire tant apprécier Saikano, mais aussi toute œuvre qui me semble « objectivement » mauvaise (autre exemple m’ayant fait le même effet : Final Fantasy X). Pour que ça marche, il faut vraiment que la beauté alternative proposée nous parle profondément, car cette attitude de renoncement implique un effort qu’on n’a pas toujours envie de faire (sauf lorsqu’on s’appelle John Cage ou Marcel Duchamp). Saikano m’a fait cet effet.
Je suis en train de dire que Marcel Duchamp aurait aimé ça, donc j’arrête cette partie Shshshshûûûûûû-tttttchchchchaaaaaannnnLa première fois que j’ai vu Saikano (allez, disons L’ARME ULTIME) c’était avec Valcorm, qui m’a fait découvrir la série. Puis, quelques mois plus tard, je l’ai rematée seul chez moi en me murgeant la tronche, et j’ai vécu un moment assez génial. Le lendemain, j’étais tellement marqué par la veille que j’ai voulu carrément enchainer avec un nouveau rush de la série + alcool, idem. Mais évidemment, je me suis lassé car j’avais vu le tout trop récemment. Alors j’ai arrêté rapidement, mais j’ai été très frustré. C’est pourquoi j’ai eu l’idée de me mettre l’OST sur les oreilles et de partir déambuler dans les rues en buvant et en écoutant les thèmes de la série. Un grand projet d’otaku délabré.
Malheureusement je n’avais pas l’OST à cette époque-là. Et le hacked internet de mon appartement ne me permettait pas le luxe d’un tel téléchargement. J’ai donc eu alors l’idée d’enregistrer les passages de l’anime où mon thème favoris survenait et de les coller les uns aux autres pour faire une longue version du morceau accompagnée de samples (les voix des passages de l’anime, donc). J’ai fait ça, tout en buvant. L’alcool montant, je me suis pris d’une certaine frénésie et j’ai eu envie de faire monter une tension petit à petit, et puis de rajouter des notes tenues, et pis des notes de piano. Puis j’ai voulu transformer les samples, transposer la musique, etc.
Au final un remix de 9min est né, et je n’ai pas mis un pied dehors. C’est un truc que je mets là car après tout ce blabla je me suis dit pourquoi pas. Mais il faut savoir que c’est hyper sommaire, ce n’était destiné qu’à assouvir mes pulsions émo d’une soirée, et donc c’est crados et tout ça. Il n’empêche qu’il m’arrive souvent de le réécouter, et comme ce topic se transforme de plus en plus en blog je vous le balance. Ceux qui connaissent la série (et qui ont lu jusqu’ici sans péter un câble et bourriner alt+f4) seront à mon avis plus intéressés que les autres. Mais bon.
Le morceau suit un peu la structure de la série. Ca commence mélancolique, avec des samples de l’anime sans rien rajouter. Petit à petit plus je rajoute des choses et plus ça devient apocalyptique.
Here it is :
Arme Ultime mix ^^Et voilà je crois que c'est tout.