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Auteur Fil de discussion: Manifeste ( aliéné )  (Lu 8593 fois)
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Reyda
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« Répondre #405 le: 17 Mai 2010 à 15:27:50 »

Bonjour,
Je me suis décidé à faire un compte bandcamp, un très bon site pour distribuer sa musique :
http://stgenesius.bandcamp.com/
On peut donc télécharger l'album gratuitement (il suffit de foutre 0 USD) ou faire un don (LULZ), et même télécharger les musiques individuellement. Et je suis déjà entrain de composer de nouvelles musiques qui n'ont rien à voir avec ce qui a été fait précédemment. Suspense intense.

Ah oué, j'ai besoin d'une bannière pour bandcamp, vous pouvez essayer d'en créer une si vous voulez. Sinon j'en ferai une moi-même comme d'hab' hein TOUT FAIRE TOUT SEUL HEIN.

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« Répondre #406 le: 06 Juin 2010 à 11:55:57 »

Citation
que j'ai l'à venir sans grande autoroute
la compote des sens uniques à deux bagnoles on s'en sort plus
alors gros con change de vie si t'es trop étroit sous ce genre de campagne
genre la sortie à gauche ciao les non-buts et
garde-en-toi les illusions des rêves de gosses de bourges
t'es pas là à survivre alors clair que tu t'y emmerdes si t'y mets pas autre chose que l'doute jusqu'à l'ennui
ta destination sera
comme le rouge dans l'bocal il s'attend à péter la sortie se jeter hors du cadre :
yahou-plouf et bouffer par le Chat
y'a que dans un océan qu'il se paume
seulement alors il se fixe une sur-vie
pense à l'eau.

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Lünn
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« Répondre #407 le: 09 Juin 2010 à 11:46:51 »

J'ai retrouvé ton album dans mon lecteur mp3 dans "unknown artist". Je n'avais peut être pas tout de suite adhéré à la composition de l'album. Mais finalement j'ai beaucoup aprécié, surtout prayer, aussi curse caster, lighter et d'autres. J'aime moins le trip de pile like dust.
Tes mélodies et rythmiques sont intéressantes, et le chant passe bien même si c'est bourré de reverb et que ça ressemble à un songe/échos lointain qui sonne un peu librement.
« Dernière édition: 09 Juin 2010 à 11:52:27 par Lünn »

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« Répondre #408 le: 05 Juillet 2010 à 10:15:04 »

   EMILIE A SEIZE ANS. Plante le paysage : des cheveux longs bouclés, noblesse auburn foutue de tâche de rousseur. Un genre néo-classique style Canova, ça veut dire le teint blanchâtre du marbre à l'apparence douce avec le désir d'y toucher, juste pour voir une fois, sentir le truc. De loin c'est la fille tranquille et bien en place, mange des céréales [roses] au matin, roule à vélo jusqu'à l'école en habit court couleur pétante [vert pomme]. Au cinéma ce serait une séquence cul-cul  : un plan poitrine avec travelling latéral, légère plongée, Émilie à vélo sur un ciel sur-bleu qu'elle regarde, puis panoramique arrière continu, laisse entrevoir le quartier résidentiel qu'elle dévale de long en large, des bonjours aux voisins foutant on ne sait quoi dans leur jardin ultra vert et fleuri de fausses herbes, plantes, arbres en plastique, tout illuminé de soleil heureux, ... Mais le visage est trop rusé pour ça, impossible d'y croire. Par exemple, elle dit et répète sans arrêt « je suis pas née typique » puis fait suivre les mots d'un mimodrame flanqué eau froide, feint un sourire, ondule les yeux — chaleur — pénètre l'âme comme enchantée... Et au final on opine : c'est vrai, cette fille n'a rien de typique, on ne peut pas y croire au personnage fille de quartier. Ensuite : se croit suave comme elle se croit plus-que-désirable, puisque des mecs, pas nécessairement nombreux, lui galopent après entre les cours ou à la sortie des cours, alors, se sent regardée de partout, mais ne s'en plaint jamais. Ses copines lui tripotent les fesses, ne s'en plaint pas non plus, elles doivent être jalouses parce que son milkshake  rameute tout les mecs chez elle, et ils sont là à dire : il est meilleur que les autres ; certain : il est bien meilleur que tout les autres. Souvent au téléphone à parler de garçons à des copines, de garces à des copains, et flirter par coup de fil certaines nuits, parfois sur internet se montrer à poil à des anonymes ou non, qui demandent telle chose ou telle position, s'applique car cela lui plaît de se masquer la tête et pas le reste, c.-à-d. cacher le moins privé/montrer le plus intime. Sortir chaque weekend, ne pas boire d'alcool, demander à maman taxi de venir la chercher vers minuit et demi. En réponse, ne respect pas tellement ses parents, un père toujours absent, lit les magazines « Psychology » de sa mère, ne croit pas en la psychanalyse, même si elle ne sait pas trop en quoi cela consiste, néanmoins prie et remercie Dieu de temps en temps quand elle en sent le besoin, mais ne s'y intéresse pas plus. N'a lu qu'un évangile. N'aime pas ouvrir la porte au témoin de Jéhovah, pense que Jésus devait être un homme craquant pour quiconque et que les Beatles sont plus populaires. Prend l'air hébété quand elle réfléchit, rigole pour un rien, hurle sur maman à propos de son frère pour... (on ne savait pas pourquoi). Aime se pâmer avec un sac de marque coincé entre son bras plié dès qu'elle sort de chez elle, surtout en ville. Parle comme si ça la fatiguait de s'exprimer, dans une conversation ne regarde jamais son interlocuteur, prend beaucoup de temps à finir ses phrases, sûrement qu'elle aime élonger l'attention qu'on lui décerne. D'ailleurs, se mate à poil dans sa salle de bain pendant plusieurs minutes avant de prendre sa douche, tâte les zones érogènes de son corps : derrière-seins-lèvres-chatte et finit occasionnellement par se masturber devant son miroir en se répétant de l'intérieur qu'elle est une cochonne (elle n'ose pas se dire grosse). Obsédée par l'eau : rêve tout bas de se faire pénétrer par un homme-glaçon. Adore mater les surfeurs à la plage, ils sont en paix avec la mer : en dit que c'est l'extra-symbiose, le dit aussi quand tout va bien dans sa vie. Au collège, tout le monde pense qu’Émilie est bonne à baiser (dans l'idée d'un projet infini, pensé avec de grands et gros mots sans effort, parce qu'adolescent on se projette dans l'avenir non pas dans le maintenant, on préfère croire à ce qui ne se réalise jamais) et elle se sait bonne à baiser, bien qu'elle soit encore pucelle. Émilie porte des mini-shorts, puisque les mini-shorts sont à la mode cet été, elle est heureuse quand les gamins de l'école regardent ses cuisses nues, leur yeux se cadrent en un plan séquence vertical de ses pieds à son cul presque nu, sauvé par un bout de jeans, cet été elle ne jure que par le mini-short. Par contre ne participe jamais aux cours de piscine, elle a des règles incontrôlables, le prof y croit. Elle est riche, elle aime l'argent, reconstitue l'histoire Inca dans sa tête et se prend pour une acllahuasi, une des vierges cloîtrées dans un temple pour un roi, très typé conte de fée avec princesse. Elles étaient bourrées d'argent ; c'est pour cela qu'elle aime l'argent. Ne porte que de l'argent, deux colliers en argent, une bague en alliage or gris, un pendentif à la cheville en sterling. Tend à confondre argent et argent, de quel argent parle-t-on ? Soit elle chante : l'argent, casse-toi, choppe un bon boulot avec une bonne paie et t'es okay = nouvelle bagnole, caviar, rêve éveillé quatre étoiles, j'pense à m'acheter une équipe de foot. Soit : les meilleurs choses dans la vie sont gratuites, mais tu peux les garder pour les oiseaux et les abeilles, maintenant donne-moi de l'argent, c'est ce que je veux.
« Dernière édition: 09 Juillet 2010 à 09:08:39 par Reyda »

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« Répondre #409 le: 02 Septembre 2010 à 19:30:18 »

Lu quelque part un bout de texte qui disait que :

    « La société post-moderne est l'âge de la glisse, image sportive qui illustre au plus près un temps où le public n'a plus d'attache solide, plus d'ancrage émotionnel stable. »

Et j'ai foutrement rien compris en quoi ça coïncidait avec l'époque, pourquoi glisse rime avec post-moderne ?
Pour moi c'est évident, si l'on veut glisser il faut être borné, sûr de soi, tomber et recommencer, continuellement. Parce que, trop souvent, on accole la cool-attitude aux disciplines « sports de glisse », comme si cela coulait de source : monter sur une planche quelconque et vous glisserez, relax, vous serez cool. Mais vous n'êtes jamais cool quand vous foutez les pieds sur une planche : vous ne ressemblez à rien, vous êtes tendu, sur le qui-vive, mal mis, position tendue, on se demande qu'est-ce qu'on fout sur cette planche ? qu'est-ce qu'il faut faire pour rester dessus, stable, pour bouger avec ? on se demande même comment glisser ? et d'ailleurs, pour le novice, glisser signifie valser à terre, point barre.
Alors ouais, on est désancré du sol, instable, ouais, mais est-ce définitif ? Par défaut, le penseur croit que le glisseur reste en surface, l'analogie primaire (celle du colon occidental qui ne comprend décidément rien au sauvage) c'est de dire qu'il est en équilibre face aux inconvénients de la société post-moderne, il gère les psychoses de la société, en harmonie alors qu'il est en prise de risque constante. Paradoxe, car, quand l'on atteint le stade de la vraie glisse, l'on retrouve une autre stabilité, qui fait avec ; avec l'eau, avec la neige, avec le vent, avec le macadam, ce n'est pas seulement le développement de son propre sens de l'équilibre et du risque mais aussi recomprendre et refaire avec les éléments solides. On ne regardera jamais l'eau, la neige, le vent et le macadam de la même manière, avec les mêmes mots, ni les mêmes intentions.
La redécouverte de l'architecture naturelle et urbaine, ouverture à la tectonique qui parsème le lieu public, dévoiler ce dont on n'aurait pu penser de lui, mettre à jour les aspects insoupçonnés, seul, mais aux yeux des autres. Mais ceux-là sont négatifs, est-ce que ces gens-là peuvent accepter la reconstruction de leur public ? Non, ils l'interdisent, ils pensent que les glisseurs refusent les attaches solides (non-respect de l'infrastructure publique), se résignent à l'instabilité, évitent les ancrages (à comprendre les sports) anciens et profitent du public afin de parfaire leur rêve privé. Ils préfèrent les voir dans des lieux réservés, séparés, « fait pour cela », ...
La réalité, c'est que le post-moderne ne veut pas de la glisse, il veut s'exorciser dans une gamme de sport, parler du phénomène d'individuation, de la localité, de micro-groupe, de fausse solidarité et d'anti-concurrence. Nous faire l'analyse d'un sport qui exemplifie l'atmosphère sociale de l'époque, le besoin de se retrouver dans des valeurs partagées pour réconforter le soi dans une communauté, ainsi le post-moderne lutte contre sa solitude, et en même temps poursuit sa recherche individuelle... Fameux paradoxe. Comme si tout cela ne parcourait aucunement l'histoire des sports. Comme si tout le monde voulait glisser, alors que cela ne reste qu'une curiosité, un sport de jeune, dérangé, casse-cou et soit-disant cool.
Personne de ceux-là ne glissent sérieusement, alors ne vous étonnez pas qu'ils se cassent la gueule.

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« Répondre #410 le: 03 Septembre 2010 à 13:18:19 »

Arrête de te la péter je veux entendre des nouvelles musiques :')

C'est vrai que le snowboard, le surf sont des sport auxquels ont accorde facilement le droit de revendiquer un lien, une communion avec la nature ou le contexte spatial (encore que...). Les sports de glisse urbains sont davantage perçus comme du vandalisme. Non comme une envie de ressentir la ville, de la parcourir ou l'utiliser.  
Hier je suis tombé sur des interviews de graffeurs à travers le monde. C'est peut être comparable. Un américain qui souhaitait louer des panneaux publicitaires (en toute légalité) pour afficher un message, pas vraiment publicitaire mais tout aussi agressif, se voyait refuser l'offre. Il s'agit plutôt du fait que quelque chose vienne parasiter l'idée de la ville, et que d'autres soient déjà acceptées sans préavis comme partie intégrante de l'espace public, malgré le fait qu'elles sollicitent constamment notre attention.
J'aime bien le film playtime pour comparer la ville pensée - idéale, et celle qui vit.

Je ne maîtrise ni l'histoire, ni les concepts de base en philosophie. Mais en architecture la post-modernité c'est presque un retour en arrière, une envie d'utiliser des symboles anciens, ou de faire parler l'architecture pour qu'elle communique avec le public. Souvent j'aime les discours mais le résultat est parfois ridicule. Pourquoi l'architecture devrait s'apparenter à une accumulation d'objets, ou même de "signaux", de symboles. La ville est une matrice, une matière qui s'ouvre, se ferme cache et montre. On ne devrait pas se sentir chez soi uniquement chez soi, ou plutôt on ne devrait pas se sentir libre de s'approprier l'espace uniquement dans le domaine privé. L'appropriation de l'espace public est réservée à des activités commerciales ou à l'expression fonctionnelle des bâtiments. Les autres formes d'expression ou d'appropriation de l'espace public seraient donc interdites, et non comprises.
Bref cette réaction n'est pas structurée.
« Dernière édition: 03 Septembre 2010 à 13:22:57 par Lünn »

Loukoum
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« Répondre #411 le: 03 Septembre 2010 à 13:22:34 »

Faut trouver le bouquin de Rapahael Zarka sur le skate ça va vous intéresser.


"Si ça bouge, ça se baise ; si ça bouge pas, ça se baise jusqu'à que ça bouge." Jerry Lee Lewis
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