William Friedkin's THE EXORCIST

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FNA
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William Friedkin's THE EXORCIST

Post by FNA » 24 December 2010, 22:17

Joyeux Noël, goules et gobelins !

Et en guise de cadeau, je m'en vais vous parler d'un autre très grand film de William Friedkin, autrement plus connu que Sorcerer, le génial… The Exorcist (L'Exorciste) !

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- Un film familial

Vous ne le savez peut-être pas mais The Exorcist est un film de fête. Depuis sa sortie le lendemain de Noël 1973, et pour une période difficile à déterminer, The Exorcist allait donner à la névrose américaine son équivalent somatique au cinéma.

Est-ce à dire que le dernier né de William Friedkin était perçu comme un film expiatoire ? Comme une épreuve à passer ? Probablement. Comment expliquer le succès record du film, réputé pour causer des évanouissements, des crises d'hystérie et de paranoïa sinon par la proximité de ses thèmes avec le vécu de l'ébranlement imminent de la société américaine ?

Les spectateurs ne s'attendaient pas à trouver un tel écho ; leurs réactions sont révélatrices :




- Montrer ou construire ?

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The Exorcist repoussait les limites du montrable. Franchir ces limites pouvait simplement tenir du Grand-Guignol et occasionner plus de fous-rires que de vraies crises de frayeur. L'effet du film provient de ce qu'il place ses événements dans un contexte irrévocable, qu'il justifie l'arrivée de telle ou telle horreur selon une logique implacable. Mais plus fort encore, c'est la netteté de sa mise en scène, particulièrement économe en envolées poétiques, et la rigueur de son montage, dépourvu d'artifices, qui contribuent à rendre les choses évidentes, vraisemblables : elles s'inscrivent dans un ordre de réalité commun, propre à faire tenir ce qui s'y présente comme évident. Le film ne se déroule pas dans un monde magique, séparé, imaginaire. Il empiète sur le réel et même, use du réel sans jamais le transformer. L'une des scènes les plus pénibles pour les spectateurs de l'époque est la ponction jugulaire de l'héroïne au cours d'un examen médical : rien à voir avec la sorcellerie.


- William Friedkin, artiste

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William Friedkin est un metteur en scène, un assembleur. Son art se déploie dans le réel et avec le réel. Il ne cherche pas à le magnifier ou à le transformer artificiellement ; il cherche à le mettre en valeur par lui-même (d'où peut-être l' étiquette de "style documentaire" qu'on attribue usuellement à sa manière de filmer). Même dans ses films mineurs (et mauvais), William Friedkin met en scène avec le plus grand soin (Jade est à ce titre un bon exemple) : son esthétique puise dans le réel, avec le présupposé que la sensation n'a que faire des inventions.

L'art de Friedkin est un art local. Ses films ne prennent pas de précautions ; le spectateur doit être attentif de la première à la dernière seconde. Le moindre moment d'absence peut rendre la compréhension difficile. Les structures narratives de The French Connection, The Exorcist ou encore de Sorcerer sont certes cohérentes, elles excluent les maniérismes : on ne trouve pas d'introduction donnant une idée du film, on ne trouve pas d'intrigue strictement linéaire, on ne trouve pas de climax unique, on ne trouve pas de fin reposante.


- Du mauvais usage de The Exorcist

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Limiter The Exorcist à un film d'horreur, et a fortiori à "the scariest film of all time", c'est faire l'impasse sur les vrais enjeux du film. The Exorcist est un film d'horreur en cela qu'il contient des scènes chocs, mais l'objet du film est-il seulement de faire peur ? Appréhender The Exorcist comme un film d'horreur, un divertissement visant à se faire peur, se le passer comme on passerait une épreuve de résistance, toutes ces approches ne peuvent être que déçues.

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Pareillement, résumer l'intrigue de The Exorcist à la possession d'une jeune fille, c'est occulter l'essence du film par surexposition, c'est rendre aveugle. Car s'il s'agit effectivement de l'histoire principale, The Exorcist est en réalité composé de trois intrigues différentes, amenées à converger en l'une d'elles ; et cette convergence, loin d'être évidente au début du film, ne se réalise que tardivement dans le déroulement de l'intrigue principale.

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Si on regarde le film dans le seul souci de suivre l'histoire d'une jeune fille possédée, alors on se fixe une grille de lecture impropre à la compréhension du film : on en sort déçu, désorienté par les coupures de l'intrigue et par le développement des autres. Il faut regarder The Exorcist l'esprit débarrassé de ce qu'on en sait car The Exorcist est avant tout un film sur la foi ou plus généralement sur la croyance ; c'est le développement de cette thématique, par la mise à mal du confort censé accompagner la croyance, qui fait le sens du film.


- Version originale et Director's Cut

Le Director's Cut sorti en 2000 partage les cinéphiles et les amateurs.

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La restauration du film est le premier point de discorde. Les dernières retouches numériques de la version Blu-Ray rendent l'image encore plus nette que ce qu'il n'a jamais été permis de voir (on peine à reconnaître un film de 1973). Cette netteté est confondante et certains estiment que le grain de la pellicule en souffre. Si on ressent effectivement une sorte d'épuration photographique, la froideur originale du film gagne en intensité (ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose). A cela s'ajoute une remasterisation en profondeur du son, véritable tour de force démoniaque.

Mais plus encore que la restauration, c'est l'insertion d'une dizaine de minutes d'images inédites qui pose problème.



Quelques dialogues en plus, quelques scènes en plus, une fin suggérant "d'accord, ceci s'est passé ; passons à autre chose" là où l'original se terminait par un bref début de méditation. Quelques images pseudo-subliminales, partiellement retirées de la version Blu-Ray, prennent par surprise ; artifice saisissant mais quelque peu malhonnête et en contradiction avec l'esprit du film (la version Blu-Ray trouve le meilleur compromis possible). Un premier examen médical se glisse dans la première partie, manière de ralentir le film et de développer la thématique de la croyance dans un univers rationnel. Ce n'était pas indispensable, ça bouscule un rythme déjà très lent, mais ça n'altère pas le film outrancièrement. S'agissant particulièrement de la fin, la sérénité qui semble se dégager de la nouvelle version n'est pas beaucoup plus rassurante que l'original : la croyance en deux autorités, religieuse et policière, est bousculée par la relative légèreté de l'échange entre les deux personnifications.

Le gros point d'affrontement et de controverse concernant le Director's Cut réside en une scène, devenue aujourd'hui l'une des plus célèbres du film, le "spiderwalk".


- Le "spiderwalk"

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Dans cette très courte séquence, Regan, la petite fille possédée, dévale les escaliers de la maison sur les mains, à l'envers, avant d'expulser un râle sanguinolent.

Cette séquence, qui ne figure pas dans la version originale, a été coupée pour au moins trois raisons :
- Elle est grotesque ou, selon la sensibilité de chacun, elle est trop effrayante ;
- Elle crée un double climax (voire un triple) avec les événements qui précèdent ;
- Elle est incohérente, en ceci que le démon n'est pas censé sortir de sa chambre : Regan apparaît ici comme un danger pour l'extérieur et non plus seulement comme un mal strictement individuel.

Le premier argument est valable mais il aurait été d'autant plus pertinent si le Director's Cut avait intégré la séquence en entier : Regan est censé tirer la langue, une langue de serpent, puis courir à quatre pattes vers les autres personnages. Véritablement grotesque. Le Director's Cut nous épargne. A savoir si la séquence prête plus à rire qu'à effrayer, il est permis de laisser l'appréciation à chacun, encore qu'un rire puisse être interprété de différentes manières.

Le troisième argument, selon lequel le danger est contenu, est valable également : il y a là comme une incohérence, une sur-dramatisation, un transfert d'enjeux. Mais si on admet que l'événement est local, singulier, unique, alors cette transgression peut être vue comme une justification du double climax, deuxième argument. C'est en effet dans le contexte de cette scène qu'on peut comprendre son "utilité". Seule, elle est faible, grotesque. Intégrée, elle est le point d'exclamation final à une longue accumulation dramatique qui, par nature non construite sinon en série, ne supporte pas réellement de climax.


- Le "spiderwalk" dans son contexte

Le "spiderwalk" n'a donc de sens que comme conclusion ; il n'a de sens qu'à la lumière de ce qui précède. Revenons quatre minutes en arrière.

[SPOILER : extrait du film, 4 minutes avant le "spiderwalk"]

Chris, la mère de Regan, apprend que les médecins "physiologistes" ne peuvent rien pour sa fille ; son cas est désormais du ressors de la psychiatrie. Il y a toujours un temps de retard (ou d'avance) entre les symptômes de Regan et le diagnostic des médecins. Les réactions de Regan font penser à un trouble psychiatrique alors que les médecins spéculent sur un trouble neurologique. Sitôt annoncé l'abandon des physiologistes et leur appel à la psychiatrie, les symptômes de Regan changent de forme : ils tiennent dès lors, pour le spectateur et pour Chris, de la possession. C'est tout l'enjeu de cette longue scène, une des plus perturbantes du film.

Pendant que le médecin avoue sa faiblesse à Chris, celui-ci la questionne sur deux points sensibles. Consomme-t-elle de la drogue ? (première vexation) Envisage-t-elle de retourner chez elle ? (deuxième vexation : les projets de la mère sont perturbés).

Chris rentre chez elle (sans d'ailleurs prêter attention à l'excitation policière près de chez elle). Des phénomènes étranges se produisent : le téléphone sonne sans réponse (troisième vexation), l'électricité se coupe par intermittences (quatrième vexation). Chris s'apprête à visiter la chambre de sa fille et ici le spectateur a un temps d'avance. Ce temps d'avance lui est donné par un ensemble d'images démoniaques fondues dans le noir de manière quasi-subliminale. Chris est oppressée là où le spectateur, d'abord choqué, comprend ce qui se passe.

Chris observe que la fenêtre de la chambre de Regan est ouverte (cinquième vexation) et s'en indigne auprès de son assistante (sixième vexation), manière d'occulter ce qui se passe réellement, même si ce qui se passe réellement est encore hors de sa portée. Le moment de la révélation n'est pas encore venu, il est retardé par un autre drame : l'annonce de la mort du metteur en scène du film dans lequel Chris joue (septième vexation).

Chris est à bout, elle est sur le point de craquer : sa fille et sa carrière lui échappent. Bizarrement, et c'est là l'effet magistral de la scène, son découragement va être stoppé net par un choc. Elle n'a pas le temps de déprimer, de se poser des questions existentielles, et c'est ce manque de temps, cette impossibilité de rentrer dans une introspection névrotique, grâce à un événement encore pire que ce qu'elle pouvait imaginer, qui va la sauver temporairement d'une tendance à l'apathie.

Choquée par ce qu'elle vient d'apprendre, à bout de nerfs, c'est une courte séquence (pire) qui va la rappeler à la réalité, qui va l'empêcher de quitter le monde pour sombrer en dépression. Les graves symptômes de sa fille, la mort de son metteur en scène, qui sont encore réalistes, vont être soufflés par un micro-événement surnaturel. D'une certaine manière, tout s'éclaire, même si cela se fait dans la sidération la plus violente.

Alors que sa mère est sur le point d'être complètement découragée, affligée de vexations, sa fille dévale l'escalier sur les mains, achevant sa course en crachant du sang ("spiderwalk"). Le jeu d'Ellen Burnstyn est remarquable : désespoir, surprise, sidération, horreur, enchaînés en une poignée de secondes.


- "The power of Christ compels you!"

Parmi ses 8 nominations aux Oscars, The Exorcist remporta celui du meilleur son et du meilleur scénario adapté. Et c'est mérité : le scénario de The Exorcist est une petite merveille...

Si bien que nos amis turcs, et nous terminerons par cette touche d'humour, en s'amusant à refaire le film, ne se permirent aucune transgression (à la différence de "Turkish Star Wars" par exemple). Il s'agit d'un remake séquence par séquence (et non pas, heureusement, plan par plan) baptisé Seytan, tellement proche de l'original dans son déroulement, qu'on le prendrait presque pour un mauvais nanar (le bon nanar n'ayant pas à être bon...).

Seule différence notable, et pas des moindres, la suppression de toute référence à la religion chrétienne... Eh oui... Logique. Je vous laisse voir par quels détours nos amis turcs se sont employés à justifier l'exorcisme. Drôle !



Seytan, en 14 parties, VO sous-titrée anglais.
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Re : William Friedkin's THE EXORCIST

Post by FNA » 07 January 2011, 01:29

Je n'avais pas encore osé mais veille d'examen, besoin de détente... J'ai enfin regardé The Exorcist II...
WHAT A FUCKING PIECE OF SHIT!!

From Wikipedia:
Director Martin Scorsese asserted, "The picture asks: Does great goodness bring upon itself great evil? This goes back to the Book of Job; it's God testing the good. In this sense, Regan (Linda Blair) is a modern-day saint — like Ingrid Bergman in Europa '51, and in a way, like Charlie in Mean Streets. I like the first Exorcist, because of the Catholic guilt I have, and because it scared the hell out of me; but The Heretic surpasses it. Maybe Boorman failed to execute the material, but the movie still deserved better than it got."

Ce n'était pas seulement de la marijuana ce jour-là...
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Re : William Friedkin's THE EXORCIST

Post by Grayback » 07 January 2011, 11:28

Super article qui m'a donné envie de me procurer le director's cut, je n'ai vu que la VF en télévision il y a très longtemps tout en me cachant à moitié derrière le canapé. Je suis étonné que le spiderwalk ait pu faire rire qui que ce soit, j'ai vu la scène totalement hors-contexte au moment du débat et c'était quand même bien creepy en plus d'être visuellement étonnant. Pour revenir au texte même, je trouve que ce coup-ci tu as vraiment trouvé le juste milieu entre vulgarisation et analyse en profondeur, j'attendrai les suivants avec impatience.
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Re : William Friedkin's THE EXORCIST

Post by Synx » 07 January 2011, 13:56

En ce moment, j'essaie de me faire les films "de référence" de ma vidéothèque idyllique personnelle... Et bien tu viens de me rappeler qu'il fallait que je me penche sur ce bijou :)

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Re : William Friedkin's THE EXORCIST

Post by FNA » 08 January 2011, 00:16

Merci pour ces commentaires. Il y a encore beaucoup à dire sur The Exorcist et je complèterai cet article une fois mes partiels terminés. ^^

En attendant, j'ai continué mon enquête : The Exorcist III. Une surprise. C'est original, excentrique, désespérément prétentieux, porté par un scénario intrigant et filmé avec causticité, humour noir. Réalisé par William Peter Bletty, auteur et scénariste de The Exorcist, ce troisième fait l'impasse sur la catastrophe du second. C'est souvent mal amené, trop de petites manières, de petits bruits et de grognements hors champs (procédé stupide s'il en est) parasitent ce qu'un mix entre David Lynch et Jonathan Demme aurait pu éviter. Il manque d'idées visuelles, tout est trop plein de littérature, de baratin ; le diable s'exprime en slogans, en phrases proverbiales. C'est lassant, un peu ridicule, mais ça participe au registre.

Le choix de George C. Scott, le fameux Patton et surtout l'inoubliable général Turgidson de Dr Strangelove, en tant qu'interprète principal du film donne une bonne idée de l'ambiance. A l'exemple d'une scène intéressante où une vieille patiente d'hôpital psychiatrique, s'exprimant d'une voix semblable à celle supposée du diable, demande au lieutenant interprété par Scott : " - Are you my son?" " - I'd be very proud to believe so.", réponse fine et insouciante, d'une remarquable autant que banale élégance.

Ici la foi rencontre l'ennui, une rencontre propice à l'ironie la plus grinçante. Ca ne va hélas pas beaucoup plus loin. Brad Dourif (décidemment les suites de The Exorcist aiment les transfuges de One Flew Over the Cuckoo's Nest, Louise Fletcher retrouvant les reines d'un hôpital psychiatrique dans The Exorcist II), un habitué de Lynch, peine ici à rentrer dans l'image. L'intrigue se force à vouloir revenir sur les événements de The Exorcist : une erreur, ceux-ci dans celui-là étant des prétextes et n'ayant guère besoin d'être éclaircis. A trop vouloir jouer la correspondance avec l'incomparable modèle (on notera pourtant la persistance de ces suites à vouloir prendre leurs distances), nous avons droit à une scène finale d'exorcisme grotesque et absolument hors-sujet. Dommage, c'était un film potentiellement intéressant. Pour son illustration de l'union ambiguë de l'âme et du corps, le souffle du diable navigant dans la glande pinéale atteinte de quelques sujets catatoniques, Descartes aurait apprécié…

Une curiosité.

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Re : William Friedkin's THE EXORCIST

Post by Djidiouf » 08 January 2011, 14:42

Je n'ai pas lu tout le post sur The Exorcist, ne l'ayant jamais vu, je n'ai pas voulu trop me spoil. Quand les gens parlent de ce film on a toujours droit à cette scène racontée "ta mère suce des bites en enfer" malheureusement. Du coup, cru comme ça, ça ne donne pas envie.

Mais bref, merci pour cet article, je vais voir si je peux me procurer la version remastérisée.
- La vie ? C'est assez complexe en pratique, mais j'en ai rien à foutre.
- Coul stori pro.

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Re : William Friedkin's THE EXORCIST

Post by FNA » 08 January 2011, 16:53

Petites remarques pour les infidèles...

- Si vous regardez The Exorcist pour la première fois, chassez de votre esprit tout ce que vous avez pu entendre à son sujet. Ce n'est qu'un film après (et avant) tout. Ne le voyez pas comme telle ou telle autre chose, ne vous laissez pas abuser par les slogans publicitaires, n'allez pas le voir comme pour passer une épreuve ou pour compléter votre revue de chefs d'œuvre. Votre grille de lecture (et seulement la vôtre) est et sera toujours la meilleure.

- Réunissez les conditions pour profiter pleinement du film. Prenez une bonne version (voir plus bas), plongez votre chambre ou votre salon dans le noir (n'ayez pas peur par provision, n'ayez pas peur d'avoir peur), mettez le son à volume moyen-fort, éteignez vos portables, installez-vous confortablement, gardez à boire et à grignoter près de vous, n'interrompez pas la diffusion. Soyez mentalement à l'aise : il ne faut que ce rituel vous fasse investir dans le film plus d'attentes qu'il n'a de promesses à réellement satisfaire.

- Ne le regardez pas en vous demandant quels commentaires vous pourrez poster ici ! Aimez-le, détestez-le à votre guise !

- Le doublage français du Director's Cut est différent du doublage original et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est franchement raté. Regardez The Exorcist en version originale sous-titrée.

- Vous n'aurez probablement plus l'occasion de voir The Exorcist dans son premier montage. Soyez rassurés, le Director's Cut est de très bonne facture (voir l'article).

- Version DVD ou version Blu-Ray ? La deuxième bénéficie d'un traitement d'image absolument remarquable mais la version DVD n'est pas négligée pour autant. Elle peut largement suffire.

- The Exorcist est sorti de nombreuses fois en DVD, notamment à l'occasion de collections de films d'horreur. J'ignore la qualité de ces éditions.
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Re : William Friedkin's THE EXORCIST

Post by FNA » 09 January 2011, 02:56

- Le mystère de la foi comme thématique de The Exorcist

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"This movie is about the mystery of faith." Voilà ce que déclare William Friedkin à propos de son film. Voilà aussi pourquoi la thématique du film peine à être appréciée clairement et avec intérêt par le sens commun (et j'entends ici les spectateurs d'aujourd'hui, les spectateurs qui ont découvert The Exorcist à l'adolescence et qui l'ont depuis intégré comme un simple film d'horreur). La question du fait religieux perd en chaleur et en consistance avec le renouvellement des générations, tout du moins et très schématiquement, pour les générations prises d'athéisme ou d'agnosticisme polymorphe voire de résurgences chrétiennes inconscientes et non questionnées. La diversion que représente le film d'horreur est assez puissante dans le cas de The Exorcist pour détourner le spectateur de sa thématique. Le divertissement est ressenti comme tel au point d'enterrer le questionnement sous-jacent, questionnement devenu sous-jacent mais pourtant véritable moteur du film. Qu'un exorcisme puisse avoir lieu dans un lieu familier, au XXe siècle, au cœur de la civilisation moderne, c'est un décalage, visant à ranimer une question enterrée ; ce n'est pas juste un effet de contraste.

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The Exorcist est un documentaire sur la foi. Il ne prend pas le parti de telle ou telle confession, de telle ou telle doctrine. Il ne force personne à croire ou à renoncer. Il interroge le mystère de la foi, éclaire le mystère de la foi pour en révéler les motifs psychologiques et circonstanciels. Comment peut-on croire en Dieu dans un tel monde ? Comment croire en la bonté de Dieu quand la misère et la souffrance nous environnent (quand elles ne nous frappent pas) ? Ces questions, traduites dramatiquement, sont les axes d'investigation du film. L'argument de Leibniz, l'argument de théodicée selon lequel le monde créé par Dieu est la meilleure compossibilité, le moins imparfait des mondes imparfaits, Dieu étant le seul parfait, est ici égratigné par l'expérience vécue et intime, atteinte jusqu'à ne plus supporter de métaphysique. Ceux qui doutent de leur foi à cause des maux du monde peuvent imputer la cause de ces maux au diable : il en résulte une croyance au diable qui ne fait que renforcer la croyance en quelque chose, et en l'occurrence en Dieu sans lequel il ne semble pas pouvoir exister. Le phénomène de la croyance est analysé dans The Exorcist comme un mystère et comme un processus. Et c'est avec cette distinction cruciale que peut être posé le problème plus général du désir de compréhension que soulage localement la croyance. Car The Exorcist, s'il présente avec larges précautions la pratique de l'exorcisme comme un ultime recours, s'il fait appel à de l'inexplicable pondéré par la foi, il passe d'abord en revue les thèses strictement rationnelles d'explication avant de révéler une aporie. Ce qui arrive "arrive" et c'est ce "ce" en tant qu'il désigne quelque chose  qu'il s'agit de questionner : est-il judicieux d'isoler un "ce" ? Ce "ce" n'a-t-il pas de sens qu'à l'intérieur d'un système de représentation chargé de présupposés ? Ne devrait-on pas plutôt imaginer un chaos à l'intérieur duquel errent des conjonctions harmoniques accidentelles ? The Exorcist oriente vers ce questionnement par la confrontation du Bien et du Mal. Pourquoi le Mal se manifeste dans le corps d'une jeune fille innocente ? Comment cela se peut-il ? Si le diable nous apporte une réponse, c'est pour nous forcer à l'humilité due à Dieu, d'où l'ambivalence du Mal qui se détruit lui-même : nous ne sommes rien, nous sommes sans valeur. Et c'est dans cette reconnaissance que nous acquérons notre "première qualité".

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Comme le déclare Friedkin, le spectateur trouve dans The Exorcist ce qu'il vient y mettre et c'est là toute la puissance du film. Il agit comme un testeur, une mise à l'épreuve spirituelle. C'est un exercice dialectique.
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Re : William Friedkin's THE EXORCIST

Post by FNA » 10 January 2011, 00:59

- La musique de The Exorcist

La bande sonore de The Exorcist privilégie la netteté des bruitages et comporte finalement peu de musique. Cet usage modéré s'explique par une volonté de coller au plus près du visuel.

La musique n'a pas de rôle dramatique dans The Exorcist. Elle agit essentiellement comme accentuation ou comme préparation : elle accompagne les ellipses narratives, ouvre et ferme le film, brosse rapidement des ambiances, ponctue les chocs brefs ou inertes (statue de Pazuzu, "help me").

Le fond musical de The Exorcist est très largement composé d'extraits de musique contemporaine (Penderecki, Henze, Crumb, Webern), les bandes originales de Lalo Schifrin et de David Borden ayant été rejetées. Seule et très notable exception à ce déluge d'assonances, Mike Oldfield.

Voici une petite sélection :

(Nous laisserons de côté l'œuvre de Krzysztof Penderecki, non par mépris, d'autant qu'elle est la plus représentée dans le film, mais parce que depuis The Exorcist, son usage est devenu un cliché : The Shining, Inland Empire, etc.)

Mike Oldfield - Tubular Bells, Part One



Tout a été dit sur Tubular Bells, premier album du très jeune Mike Oldfield. L'emploi du tout début de la première partie dans The Exorcist, finalement assez éloigné du registre rock progressif du reste de l'album, a tout à la fois contribué à populariser l'album et à en occulter l'essentiel. La postérité a voulu qu'on identifie Tubular Bells à "The Exorcist Theme" et difficile à l'inverse de penser à The Exorcist sans en siffloter les premières notes. Dans le film, son usage est limité au générique de fin et à deux passages de transition.

Hans Werner Henze : Fantasia for Strings - IV. Allegro moderato - Meno mosso



Œuvre tout à fait marginale de Henze, la Fantaisie pour cordes achève le film avec brio. Ce quatrième mouvement, dur sans être macabre, chaotique mais très structuré, expulsant un thème héroïque voué à être maltraité, est une excellente métaphore du combat livré entre le prête exorciste et son ennemi diabolique. Pièce ironique et énergique, elle ouvre le générique final et nous y scotche le temps d'une petite expiation morale...

George Crumb - Dark Angels - I. Depature, Threnody I: Night of the Electric Insects



Toutes proportions gardées, Dark Angels est une des œuvres les plus populaires de George Crumb. Quatuor à cordes "électrifiées" expérimental, il associe numérologie et recherche de textures sonores. Night of the Electronic Insects, titre évocateur, ouvre le bal par des frottements stridents et suraigus avant de s'évanouir progressivement par des faux silences et des modulations d'intensité. Dans The Exorcist, quelques mesures accentuent l'horrible (et original) appel à l'aide d'une âme en lutte.
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Re : William Friedkin's THE EXORCIST

Post by Lepanthes » 14 January 2011, 22:01

Je profite d'avoir tout juste regardé Devil, que j'ai trouvé franchement gentillet, inoffensif, pour poster enfin quelques mots à propos de L'Exorciste et des articles de FNA. Devil n'a à peu près rien à voir avec L'Exorciste, avec un diable qui réunit des pécheurs dans un ascenseur pour les tuer un à un... un scénario assez mauvais... et quasiment aucune piste de réflexion, non, vraiment, Devil est franchement gentillet (et franchement médiocre).

J'avais trouvé L'Exorciste tout sauf gentillet ! Je ne m'en souviens qu'à peine, cela fait longtemps que je ne l'ai pas vu, mais il me semble que la guest star démoniaque était particulièrement malsaine : le démon possède une petite fille qui n'a pas visiblement fait grand mal à qui que ce soit (cela me paraît bien plus en phase tant avec notre monde qu'avec le comportement du diable de la Bible - le malheur frappe sans distinction bons et mauvais, il n'est pas une punition mais une épreuve (pour n'en citer qu'un : Livre de Job)). Le démon est malsain tant physiquement et graphiquement que psychologiquement, il est là pour faire douter : pour faire perdre la raison - et surtout la foi (en Dieu, bien sûr, mais - j'extrapole ? - en l'humanité et en soi, aussi !... et je considère la raison comme une forme de foi, à plusieurs titres).
Le film concerne moins le personnage "principal" de la possédée que les deux prêtres qui sont là pour l'exorciser, surtout le héros (c'est ce que j'ai ressenti), le jeune prêtre... mais c'est aussi cela la grande force de L'Exorciste : la conjonction réussie de 3 intrigues qui n'ont a priori rien à voir ensemble.

Je pense aussi qu'il faut regarder L'Exorciste avec des yeux relativement neufs. En oubliant autant que possible ce qui a été dit à son sujet, en oubliant les nombreuses citations et parodies de ses "scènes cultes" - d'ailleurs, cela me rappelle que le boss final de Koudelka, sur PSOne, effectue un très honorable spiderwalk dans une des scènes cinématiques du jeu... Koudelka étant un survival horror-RPG scénarisé, réalisé et composé par Hiroki Kikuta, le compositeur de Secret of Mana, l'un de mes compositeurs de musiques de jeux vidéo préférés... dommage que Koudelka soit plutôt (archi-)mauvais... - Hein ? On s'en fout ?

L'article (ou la série d'articles) de FNA est très instructif et joliment rédigé... comme toujours. Merci ! Je vais me dénicher la version Blu-Ray et faire très bientôt une session de rattrapage.


Je n'ai pas encore vu L'Exorciste 3, mais la page Wikipédia du film annonce que le réalisateur (et auteur) a désavoué au moins la scène finale d'exorcisme, qui ne faisait pas partie du scénario et a été rajoutée selon lui sous la pression des producteurs.

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Re : William Friedkin's THE EXORCIST

Post by Saturbnome » 15 January 2011, 02:28

Je suis désolé, j'étais sûr d'avoir déjà mis l'article dans la tache mauve. Mais comme c'est une analyse colossale que tu nous as fait là ça mérite son inclusion tardive (même si ça sert trop à rien).

Friedkin a tellement massacré l'image de The French Connection sur le blu-ray que je pense qu'il est devenu fou. Toute nouvelle édition de ses films devraient être approchés avec précaution à mon avis : P Ce n'est pas du Georges Lucas mais j'ai un peu de peine.
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Re : William Friedkin's THE EXORCIST

Post by FNA » 15 January 2011, 11:52

Yeah Lepy, même si ça fait longtemps que tu l'as vu, tu sembles en avoir retenu beaucoup de choses et pas que les mythes faciles. Chapeau ! ^^

Sat, ton image sur la tâche mauve m'a bien fait rire ! Comme ta nouvelle image perso d'ailleurs (occasion pour rappeler l'art de la course-poursuite chez Friedkin ^^).

Je suis d'accord pour l'édition Blu-Ray de The French Connection : c'est artificiellement crade et saturé, ça ne ressemble pas à grand chose (ou peut-être davantage à To Live and Die in L.A.). Mais Friedkin peut se permettre d'en n'avoir rien à foutre : même ses deux classiques (The French Connection, The Exorcist) ont tendance à tomber dans l'oubli. Est-ce qu'il cherche à se faire plaisir ? Est-ce qu'il cherche à rallier les jeunes générations ? Difficile à dire... Mais on peut également poser le problème autrement : comment un film comme The French Connection peut supporter le transfert en HD ? Comment faire cohabiter avec équité de jolis plans d'ensemble et des images volées ultra-granuleuses ? Avec la HD, c'est la méthode même de Friedkin qui est remise en question. The French Connection, plus que tous les autres, ne supporte pas la netteté, la propreté ; en d'autres termes, il ne supporte pas la HD. C'est dur à avaler mais ce qui a été fait pourThe French Connection est peut-être le meilleur compromis possible... C'est un nivellement par le bas.

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Re : William Friedkin's THE EXORCIST

Post by Dry-macarony » 15 January 2011, 11:56

Il faudrait vraiment que je vois The Exorcist un jour. Super article en tout cas, je connais peu le bonhomme, mais The French Connection est clairement un de mes film policier préférer, mes première heures sur GTA 4 ont été presque exclusivement motivé par rejoué la scène de poursuite du metro.
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Re : Re : William Friedkin's THE EXORCIST

Post by FNA » 15 January 2011, 14:39

Dry-macarony wrote:mes première heures sur GTA 4 ont été presque exclusivement motivé par rejoué la scène de poursuite du metro.

This is the spirit!

Dry-macarony wrote:je connais peu le bonhomme

Ca ne devrait pas tarder...

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Re : William Friedkin's THE EXORCIST

Post by Saturbnome » 15 January 2011, 18:33

Je ne vois pas en quoi la retouche d'image de The French Connection était un "compromis", vu les autres films disponibles offrant un visuel similaire et qui n'ont pas été anéantis de la sorte. Le HD n'est pas une partie de l'équation, puisqu'il me semble que le grain n'a pas été retouché (contrairement à d'autres films qui du coup on l'air en cire - c'est vraiment dangeureux d'acheter un blu-ray à l'aveuglette, c'est incroyable), c'est vraiment juste Friedkin qui s'est dit que les films d'action contemporains ont généralement 30% moins de couleurs que la réalité, donc lui aussi...

Pour les gens qui veulent un exemple de ce qui est en question: Scan de la pellicule (mais pas en négatif), Ce que Friedkin en a fait pour le blu-ray. Même son directeur photo ne comprend pas.
Au moins l'énergie brute de The French Connection est dans le montage particulièrement sec, et c'est resté. Mais achetez le vieux DVD.
Last edited by Saturbnome on 15 January 2011, 18:36, edited 1 time in total.
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Re: William Friedkin's THE EXORCIST

Post by Nori » 01 September 2015, 04:11

Je suis tranquillement en train de me retaper cette série de films dernièrement, profitant du fait que le coffret Blue-Ray était à un ridicule 15 $ sur amazon.
Quand j'étais petit et/ou ado, j'avais vu les 3 premiers à la télé ou sur VHS en diverses circonstances. Aussi surprenant que ça puisse paraître, à l'époque j'avais trouvé le premier film nul, j'avais pas mal apprécié le second avec certaines scènes qui hantais ma mémoire (notamment la séquence de rêve sur les aies de Pazuzu) et le 3e ne m'avait absolument pas marqué.
Depuis, j'ai eu l'occasion de voir la Extended Cut, ayant trouvé le DVD en solde. Je ne me souviens plus si c'était avant ou après le premier post de ce topic (probablement un peu avant). J'ai été surpris, ayant pas mal apprécié. Je présume que pour un enfant, tout ce qui précède la véritable partie concernant l'exorcisme devait être vachement long, le blabla religieux pompeux et les effets spéciaux possiblement risibles. Mais en fin de compte ce film est génial lorsqu'on arrive à le prendre pour ce qu'il est, sans prérequis pour un film d'horreur, un film sur la religion ou la réputation de chef-d'oeuvre qui le suit. Le film me semble plus mystique et psychologique qu'horrifiant. Tout les tests scientifiques sont presque plus horribles que les effets de la possession, étant tellement vraisemblables.
Maintenant, après avoir revu le montage original sur BR et les bonus ou on précise entre autre les différences entres les versions, je crois bien que je préfère cette première version mais peut-être changerai-je d'avis le jour lointain ou je regarderai la version étendue inclus dans ce coffret BR.
Par contre, malgré ses faiblesses qui me semblent maintenant évidences avec un scénario pas terrible et certains moments risibles, le second film me semble toujours très bien. Même si cela est bien sur loin d'être aussi bien, ce film me fait penser à du Dario Argento ou du David Lynch avec sa dimension onirique. Une superbe photographie. Des images évocatrices. Surtout dans les séquences de rêves. L'Afrique pleines de mystères. Vraiment pas mal du tout.
Le troisième a pas mal de défauts, notamment sa longueur, son exorcisme à la fin qui semble collé et surtout certains effets qui m'ont semblés pathétiques, je pense notamment au moment avec la vieille qui marche au plafond... Mais il n'est pas si mal tout de même.
Ce qui semble intéressant dans ces suites c'est que ceux qui les ont fait ont compris que pour continuer l'histoire, il fallait donner des expériences très différentes de celle du premier film, contrairement aux nombreuses suites qui se contentent de tenter de refaire le premier film généralement en plus gros. Il faut proposer une suite dans la continuité mais différente, au risque de s'aliéner le spectateur mais d'avoir au moins une chance de faire quelque chose de bien, ce qui est ici hélas arrivé avec des suites qui n'ont pas marchés.
Il me reste à voir les préquels mais je ne suis pas pressé.
Oui, j'ai vraiment déterré ce topic mais bon c'est fichtrement intéressant.
Last edited by Nori on 01 September 2015, 04:15, edited 1 time in total.

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Re: William Friedkin's THE EXORCIST

Post by Nori » 01 September 2015, 04:13

Comment je delete ce post ? J'ai du quoté en voulant corrigé le précédent .....

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